• Le Coeur à Marée Haute. Art et soins

     

     

    3 novembre 2014

    Lorient

    Les troisièmes rencontres « culture et santé » se tiendront, jeudi, au Paquebot de l'UBS. Le thème retenu, cette année, par l'association Le Coeur à marée haute, à l'initiative du rendez-vous : « Des artistes à l'hôpital et dans les maisons de retraite... ». Armelle Simon, présidente de l'association, explique en quoi l'art est essentiel à tous.

    Forte d'une expérience nourrie de sa collaboration avec le Fil, le festival Quai des Bulles de Saint-Malo ou encore de sa galerie d'art et partant du constat que la vie culturelle permet de réduire l'isolement du malade et de respecter la dimension existentielle de la personne, Armelle Simon a lancé, en 2011, l'association Le Coeur à marée haute. Son objectif : monter des projets culturels au sein des établissements médico-sociaux. Elle répond à nos questions.

    Quel a été le détonateur de votre association ?

    L'idée est partie d'un constat personnel lié à une personne âgée de ma famille. Je me suis aperçu que même si les choses s'étaient beaucoup améliorées pour les personnes en perte d'autonomie, en raison de leur âge ou d'un handicap, il existait un déficit de vie culturelle dans les maisons de retraite dont les résidants sont, aujourd'hui, demandeurs. De la même façon, on sent émerger des attentes du monde médico-social et des usagers. L'association ne travaille qu'avec des professionnels culturels du territoire lorientais, qu'il s'agisse de comédiens, artistes plasticiens, photographes de structures comme le Fil, le Théâtre de l'Échange, la galerie Le Lieu... On intervient dans une dizaine de maisons de retraite du secteur lorientais ainsi qu'au centre de Kerpape et l'ambition de l'association est d'étendre son action en milieu hospitalier.

    Quels sont les bienfaits de l'action culturelle en matière de santé ?
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    C'est une question qui ne se pose pas pour des jeunes actifs en bonne santé, car le plaisir, le lien social, les émotions, la créativité... vont de soi. Or, ce n'est pas parce qu'on est vieux, handicapé ou malade que ce potentiel émotionnel disparaît. C'est un besoin et un droit fondamental pour tout être humain d'avoir accès à la vie culturelle tout au long de sa vie. On a aussi trop souvent une approche médicamenteuse de la personne âgée ou malade et on néglige la spiritualité et la créativité, soit autant d'éléments de son bien-être. On est bluffé partout où on passe par la capacité des personnes âgées à s'intéresser et à s'impliquer dans nos actions culturelles, que ce soit au travers de nos ateliers d'expression orale ou d'écriture. La qualité du moment partagé se lit sur leur visage. Elles sont dans l'attente de nos rendez-vous et on sent, chez elles, un plaisir de nous retrouver.

    Quel est l'écho de votre action auprès des professionnels de santé ?

    Évidemment, il y a des résistances même si, depuis 1999, c'est devenu une préoccupation au plan national avec la première convention « Culture à l'hôpital », signée entre les ministères de la Culture et de la Santé et visant à développer des actions culturelles en milieu hospitalier, et qui avait été élargie en 2010 aux établissements médico-sociaux. Les mentalités évoluent, même si beaucoup reste à faire. Cela est encore plus vrai dans le secteur médico-social où, en raison de la multiplicité des tâches, par la force des choses, on se concentre sur les soins, l'animation au quotidien, la gestion de l'imprévu. Une chose est sûre : un projet artistique en milieu de santé ne fonctionne qu'avec l'adhésion de tous.

    Quel public visez-vous au travers de ces troisièmes rencontres ?

    Après avoir abordé, lors des précédentes journées, « la médiation culturelle en milieu de santé » et « le cadre législatif des conventions régionales et nationales culture et santé », on donne cette fois la parole aux acteurs culturels de terrain, artistes et soignants, qui apporteront leurs témoignages. Ces rencontres sont ouvertes au grand public mais on vise, bien sûr, les acteurs culturels et de santé, les politiques, les étudiants et les personnels en formation dans les secteurs de la santé et de la culture. Il nous semble, en effet, important de sensibiliser à la contribution de la culture à la santé, dès leur formation initiale, les professionnels de demain de ces secteurs.

     


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    Katell Hartereau et Léonard Rainis, danseurs chorégraphes du Pôle, un collectif...

     

    Voici le programme des 3es rencontres « culture et santé », qui se tiendront jeudi, au Paquebot (rue Jean-Zay) de l'UBS. C'est gratuit et ouvert à tous. - 14 h : ouverture par Armelle Simon, Le Coeur à marée haute, et Damien Surget, UBS. - 14 h 15 : Hélène Marche, docteure en sociologie UBO Brest UFR. Quels usages les patients font-ils de l'art et de la création artistique dans les temps de la maladie ? - 14 h 45 : tour de table. - 15 h 10 : « Du projet au partenariat durable à l'hôpital ». Nathalie Kergaravat, cadre de santé en pédo-psy, CHU Brest Bohars, hôpital de jour Saint-Pol Roux. Elizabeth Tortorici Kermarrec, chargée de l'action culturelle, La Carène Musiques actuelles Brest. Mickael Guerrand, musicien. Amélie du Peyrat, chargée de programmation Très Tot Théâtre Quimper. Viviane Morice, éducatrice centre hospitalier de Cornouaille Quimper. - 15 h 45 : « Des projets artistiques développés en Ehpad ». Katell Hartereau, Léonard Rainis, danseurs chorégraphes. Le Pôle collectif d'artistes pays de Lorient. Matao Rollo, conteur, contées en unités Alzheimer, compagnie de la Cariquelle Sérent. Jean Le Scouarnec, comédien codirecteur du Théâtre de l'Échange. Armelle Simon, gestion de projets culturels, présidente de l'association Le Coeur à marée haute, ateliers d'expression, lectures théâtralisées Ehpad pays de Lorient. Festival interceltique, coordination artistique Festival interceltique de Lorient, Le Festival dans les Ehpad et les Ehpad au Festival. - 16 h 45 : échanges avec le public. - 17 h 15 : remise du Prix étudiants citoyens.

     


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